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lundi 16 mars 2009

Va vite chez ton marchand de journaux


Bon, au départ de ce blog, je n'avais pas l'intention d'inclure une rubrique 'Revue de Presse'. Je vous rassure, ce n'est toujours pas le cas. Même si, me connaissant, je ne résisterai pas des fois à m'énerver par ici (quoique, j'ai bien résisté pour Lady Ga-Ga dans les Inrocks)....
Bref, là, impossible de résister à l'envie de vous inciter fortement à aller chercher le numéro de Mojo de mars. Pour ceux qui ne connaissent pas, Mojo c'est une espèce de bible mensuelle anglaise que l'on lit plus pour son côté documentaire historique que pour ses chroniques actuelles (quoique souvent plus pertinentes qu'ailleurs). Pour moi qui me suis musicalement fait tout seul à partir du début des années 90, qui n'a vécu qu'avec l'actualité et qui n'a donc principalement qu'une forte culture musicale 80-90-00, Mojo est souvent comme un bouquin de Stevenson dans les mains d'un gamin: une envie de partir à l'aventure et de découvrir ou de compléter des univers musicaux merveilleux.
Et des fois, c'est l'extase: dans le kiosque, on découvre que le nouveau numéro a été en partie écrit pour soi. Dès la magnifique couve où Pete Townshend s'applique son déo géant, je me dis que le hasard fait pas mal les choses alors que j'écoute beaucoup The Who Sell Out depuis quelques jours. Mais quand je découvre le CD supplément du mois, I can see for miles, copié sur la pochette du Psychedelic Sounds de 13th Floor Elevators, une euphorie merveilleuse s'empare de moi. Euphorie à la hauteur du superbe dossier que consacre donc le mensuel au psyché américain de la deuxième partie des années 60. On tourne autour de la compile Nuggets, en s'y aventurant peut-être un peu plus avec un abécédaire parfait et un Cd donc totalement complémentaire (même si l'on retrouve quelques morceaux de Nuggets).
Vous DEVEZ donc vite aller acheter ce numéro fabuleux, mars étant déjà à moitié passé. Promis, j'essaye de me dépêcher de coller la double-page sur le dernier U2-album du mois avant votre passage...

mardi 10 mars 2009

Toutes veines dehors


Les années impaires chez Wolf Parade sont donc consacrées aux sorties des projets parallèles de leurs membres. Alors que sortira à la fin du mois le deuxième Swan Lake (Spencer Krug avec Dan Bejar et Carrey Mercer, pour un disque que je peux déjà annoncer comme fabuleux, et désolé pour l'effet de surprise) et que je crois savoir de source sûre qu'un nouveau Sunset Rubdown (le vrai projet de Spencer Krug) viendra à nouveau changer notre vie avant la fin d'année, Dan Boeckner, en compagnie d'Alexei Perry, remet le couvert Handsome Furs avec un deuxième album, Face Control.
Du temps a passé depuis Plague Park. Si ce premier essai avait permis de mieux découvrir celui qui n'était à l'époque aux yeux de beaucoup que le complice de Dieu au sein de Wolf Parade, de l'eau a depuis coulé sous les ponts et a permis de quelque peu rééquilibrer la balance. Car sur At Mount Zoomer, le second Wolf Parade, Dan Boeckner a pris une toute autre dimension. Plus présent, plus incisif, plus inspiré aussi, ce dernier fait en effet souvent jeu égal avec Spencer Krug dans ce qui ressemble souvent à un choc de titans. Cette impression est confirmée quelques mois plus tard sur scène: en live, l'ami Dan chante comme si sa vie en dépendait (une impression qu'on ressentait déjà sur disque, impression ultra-présente sur Face Control), toutes veines dehors, et subjugue totalement l'auditoire. Une manière de rendre l'attente du nouveau Handsome Furs encore plus irrésistible.
Concrètement, Face Control est un excellent disque pour peu que l'on dépasse la simple première écoute. Ce n'est pas que l'on doive s'habituer à un univers difficile. C'est même plutôt le contraire: on a en effet tellement pris l'habitude d'entendre Dan Boeckner naviguer dans les eaux troublantes et tourmentées de Spencer Krug que l'on doit s'habituer une nouvelle fois à le voir voguer dans la 'simplicité'. Ici, rien de plus qu'une guitare, un simple synthé et une boîte à rythmes. Un ensemble qui permet de faire totalement ressortir l'élément fort et impressionnant du canadien: sa voix, j'ai même envie de dire sa maîtrise vocale. C'est simple: quand Dan Boeckner chante, on reste sans voix.
De ce fait, comme souvent avec les divers éléments de cette galaxie canadienne, des morceaux viennent littéralement sauter à la gorge et ce surtout dans la deuxième partie de l'album (I'm Confused, Nyet Spasiba, Thy Will Be Done ou ce Radio Kalininbrad estomacant en conclusion). Des morceaux bruts, comme toujours chez Boeckner hyper incisifs, et une nouvelle fois parfaitement entourés par des joyaux totalements prenants, que l'on croirait naîvement plus dociles mais qui représentent au final le coup de boule ravageur qui nous laisse hagards (Evangeline, All We Want Baby is Everything et surtout, surtout, surtout, l'incroyable Officer of Hearts).
Face Control est au final plus tortueux et plus difficile à apprivoiser que son prédécesseur Plague Park. Mais une fois cette démarche faite, il devient indispensable et, évidemment, fort complémentaire dans la pièce montée par ces personnages fascinants que sont les Wolf Parade.

vendredi 6 mars 2009

De si belles foururres

C'est lundi et mine de rien, c'est peut-être le deuxième gros événement de ce début d'année musical après le Merriveather Post Pavilion d'Animal Collective: la sortie du deuxième album d'Handsome Furs, Face Control.
Avant de lire deux-trois mots sur ces murs, petite séance de rattrapage avec Cannot Get Started issu de Plague Park, le premier album du groupe de Dan Boeckner, moitié de Wolf Parade.

jeudi 5 mars 2009

Canada, terre promise

Bon, on s'en rendra compte tout au long de l'histoire de ce blog mais j'entretiens un amour fou avec plusieurs groupes canadiens, avec en premier lieu Wolf Parade. Je considère Spencer Krug et Dan Boeckner comme des dieux et leur musique m'a redonné une envie de découverte à un moment où ça commençait à littéralement se tasser. J'aurai l'occasion de reparler de tout ça dans le top 100 (assez haut je précise, évidemment) et quand sortiront les nouveaux Handsome Furs (Dan Boeckner) et Swan Lake (Spencer Krug avec Dan Bejar et Carrey Mercer).
En attendant, petite introduction avec du costaud quand même: une vidéo illustrant l'épique chanson de cloture d'At Mount Zoomer avec Kissing the Beehive.

lundi 2 mars 2009

Rattrapage


Dans le Top 2008, il y a quand même un absent assez énorme et ce n'est pas faute de me l'avoir dit.... Dès septembre je crois, on m'a prévenu: '' le nouveau Walkmen est absolument génial" (David@ supercopain@ Toy Fight). Cette parole étant souvent d'or, je me suis rué sur le disque et n'ai pas retrouvé ce groupe avec lequel je m'étais acoquiné depuis l'aventure Jonathan Fire Eater. Le précédent essai du groupe New-Yorkais, A Hundred Miles Of, était tellement direct que rentrer dans l'intimité et l'espèce de quiétude de ce nouvel album devenait forcément compliqué car tellement surprenant.
A force, il faut apprivoiser You and Me. Le laisser pénétrer en nous. Et au final, le voir devenir quasi addictif. Ce qui est étonnant, c'est de voir comment avec une voix aussi particulière et un chant pourtant si haut perché, Hamilton Leithauser donne l'impression de ne chanter que pour nous. Plus surprenant encore, l'intimité qui se dégage de ce disque alors que la batterie n'est jamais évidente, souvent troublante, tout le temps géniale.
Au milieu des moments de grâce (toujours plus nombreux au fur et à mesure des écoutes) de cet album ressort un morceau totalement sublime et obsédant: Four Provinces. Je dois avouer que le monde s'arrête quand j'entends cette chanson. L'arrêt a même été brutal quand j'ai découvert sa vidéo. Vidéo de rigueur, tellement belle que je ne connais pas de mots pour la décrire....

jeudi 26 février 2009

Mon soleil de Mexico


Écouter un nouveau disque de (Please) Don't Blame Mexico est pour moi une aventure toujours extrêmement particulière et ce car j'ai comme une triple relation avec ce groupe. Évidemment, à la base, je suis fan depuis que j'ai eu la chance et le bonheur de croiser leur page myspace. Ce constat peut toujours paraître très sévère mais PDBM est certainement le groupe qui m'a fait comprendre que le talent musical en France n'était pas mort (doublement d'ailleurs car de fil en aiguille, ils m'auront permis de découvrir Toy Fight, Orouni, The limes et quelques autres, plus ou moins toujours dans la même famille).
J'ai ensuite cette relation quasiment redevable à leur égard: leur deuxième EP sortant à un moment clé de ma vie, devenant vite un disque de chevet, m'accompagnant vers la guérison, me donnant même des envies d'aller mieux et de repartir d'un autre pied. On a tous des disques clés dans notre vie, véritables étapes de celle-ci, qui deviennent forcément des repères et de vrais objets de réconfort: pour ma pomme, le Michel Foucault EP en fait partie pour des raisons autant qualitatives (ce Michel Foucault saved my life absolument démentiel) que personnelles.
Il y a enfin le fait qu'au fil des mois, Maxime, la tête pensante du projet, est devenu un proche ami. Et que du coup, bien naturellement, écouter sa musique donne une dimension bien particulière à celle-ci. Mieux connaitre qui il est, ce qu'il écoute ou son état d'esprit au moment de composer ou d'enregistrer, rend la relation avec sa musique plus intime encore. Et risque d'envoyer parfois balader toute envie d'objectivité.
Au moment de recevoir Carolina Now, je sais donc à quel point son écoute va être particulière. D'autant plus qu'au contraire des deux précédents EP enregistrés en format groupe, cette troisième sortie voit Maxime s'exécuter seul au piano, dans une chapelle de Durham avec aux manettes le vieil ami Brent Ballantyne (plus connu sous le nom d'Henry Sparrow). Intimité risque donc d'être le mot récurrent à l'écoute de cet essai.
Un constat immédiat m'apparait évident à la première écoute: les progrès de Maxime au chant. Tout au long de Carolina Now, la fluidité vocale saute aux oreilles. Et c'est un bonheur total d'entendre chanter aussi bien une mélodie aussi agréablement aguicheuse que celle d'Our National Pride (après pourtant une intro un peu dérangeante).
Les quatre véritables morceaux de ce disque représentent une suite logique des travaux antérieurs de PDBM. Maxime a tout compris à l'art de la mélodie (j'ai presque envie de dire à la Pop en général) et les titres s'enchaînent comme des perles (mention spéciale à The Behinders). J'aurais envie de parler d'exploit: s'aventurer à sortir des morceaux seul au piano est un exercice risqué (on a tous des images horribles en tête de personnes chantant toutes seules au clavier) et après plusieurs écoutes, on a presque envie de donner une note maximale à ce projet.
Carolina Now devient vite un disque ami. De sa limpidité se dégage aussi un côté rassurant: quand la porte se claque au final du sublime 1991, on a tout simplement oublié l'orage menaçant qui gronde au début d'Helmets On. Pour ma part, cela m'offre un refuge supplémentaire. Et m'oblige à remercier encore une fois les trois facettes de (Please) Don't Blame Mexico qui me sont proches.

....et un décès pour commencer

On a appris il y une quinzaine de jours la fin des activités du label Touch and Go. Ça fait toujours bizarre de voir un label aussi influent s'éteindre: c'est comme voir un vieux compagnon qui quitte la route.
Les disques, heureusement, restent et Pitchfork a évidemment eu la bonne idée de publier une playlist des plus importantes sorties du label de Chicago. Une belle vue d'ensemble malgré les absences presques regrettables d'Exploded Drawing de Polvo ou de quoi que ce soit des Rachel's. Mais je fais la fine bouche....